Nos déchets en discussion au Café Sciences
Au Café Sciences, écocitoyens !
Trier, recycler… ? Autant de préoccupations majeures des écocitoyens que nous devons tous, bon gré mal gré, devenir… Et si nous n’en sommes pas encore totalement convaincus, un éclairage sur la question est proposé ce soir, lors du Café Sciences, par Daniel Béguin, directeur de la section « Déchets et sols » de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), partenaire du Scoop. « L’un de nos métiers est de sensibiliser le grand public et de diffuser la connaissance par les publications, les colloques », souligne-t-il avant d’ajouter : « Dans un contexte de développement durable, la prévention doit aussi prendre en compte les conséquences économiques et sociaux de la gestion des déchets ; elle ne doit pas se faire au détriment d'un autre impact sur l'environnement (eau, air, énergie, sol,…). L’Ademe multiplie déjà les initiatives avec les industriels producteurs de biens de consommation, ainsi que les actions de tri industriel. Car des solutions existent pour traiter ces ordures, reliquats... Malgré les récentes polémiques sur les incinérateurs et leur rejet de dioxine, il affirme que « ces outils modernes ne présentent pas de problèmes sanitaires ». Au cours de son intervention, le porte-parole de l’Ademe tentera « de rappeler les fondements de la gestion des déchets et de faire la synthèse des progrès réalisés depuis 15 ans et la nouvelle législation établie en 1992 ». La France a certes pris du retard sur ses voisins européens (Allemagne, Pays-Bas, Belgique) mais « la dynamique du « Grenelle de l’environnement » permet actuellement d’apporter des réponses claires sur une gestion biologique et citoyenne des déchets ». M. Béguin dresse en 2007 un premier bilan de l’action environnementale: « C’est correct mais on peut mieux faire ». Explications et solutions vous sont proposées mercredi soir au Café Sciences.
Julien SUREAU |
Mercredi 21 novembre – 20h15
Café Science – Institut Municipal d’Angers
«La gestion des déchets, une composante du développement durable»
Avec Daniel Béguin, directeur «Déchets et Sols» de l'Ademe. |
|
Graine de jurés
Qui dit festival dit palmarès et le Scoop n’échappe pas à la règle. Avec en plus, pour la deuxième année consécutive, une spécificité : le prix « Grandes Écoles des Pays de la Loire », décerné par un jury de dix-neuf étudiants qui auront eu à juger une série de courts métrages documentaires. Au programme : huit heures de visionnage et pas une minute de moins !
Quel intérêt pour le festival ? « Ce qui nous plaît c’est de confronter ce type de public à des documents d’actualité et de voir comment il les perçoit, quel est son regard sur l’information, explique Alain Lebouc. D’autant plus que les étudiants ne sont pas tous passionnés d’émissions d’investigation… » Charlotte Chombart, étudiante en 3e année à l’École supérieure de l’agriculture (ESA), le confirme : « Je suis à Angers depuis deux ans et demi et je n’ai toujours pas la télé ! Cela ne m’empêche pourtant pas de faire partie du jury. D’ailleurs, cette première expérience en tant que juré m’a permis de changer mon regard sur l’actualité ».
Une sensibilité différente de celle des professionnels, un œil nouveau presque naïf, voilà ce que semble donc attendre le directeur du festival de « son » jury d’étudiants. Un avis que nuance l’apprentie jurée : « Mes sentiments ont été seuls juges, le côté technique m’étant parfaitement inconnu ! ». Bien sûr, avec cette opération, le Scoop montre également sa volonté d’attirer un public particulier – les étudiants - qu’il espère bien fidéliser pour les prochaines éditions. A l’issue des délibérations, hier soir à vingt heure, Charlotte Chombart insistait : « Cette expérience très enrichissante m’a permis de découvrir de nombreux sujets traités de manières différentes ! Si l’opportunité se présente de nouveau, je la retenterai avec plaisir.»
Pour l’heure, il ne reste plus que l’attente des auteurs des reportages. Quel est le verdict ? Quel documentaire a trouvé grâce aux yeux des dix-neuf critiques en herbe ? Juste un indice : Charlotte, la jurée, se dit « très satisfaite du résultat ». Réponse publique le samedi 24, lors de la soirée du Palmarès.
Camille Germon et Manon Bertrand |

Charlotte Chombart, l’une des dix-neuf jurés, est très satisfaite du résultat des délibérations et fait partie des privilégiés qui connaissent le verdict.
|
|
Les enfants aussi flashent pour le Scoop !
Pour la première fois, les petits participent au Festival et réalisent des reportages photos sur l’environnement…
Champ, contre-plongée, plan américain,… ces mots vous évoquent-ils quelque chose ? Pour quatre-vingts jeunes – très jeunes ! – Angevins, ces notions de photographie n’ont en tout cas plus de secrets ! Car, cette année, huit centres de loisirs ont participé à un projet initié par le Scoop, le Service éducation jeunesse de la ville, l’Unicef et l’association Graine de citoyens. Depuis trois mois, ces enfants, âgés de 7 à 10 ans, ont bénéficié d’un mini-stage de photographie et réalisé leurs propres clichés sur le thème de cette année : l’environnement. « Ce qui ressort de leurs photos, c’est qu’ils associent cette notion aux grands espaces, à la verdure. Dans leurs clichés, ils ont tenu à faire ressortir des contrastes : un gros carré de poubelles sur la pelouse, un arbre à côté d’un bâtiment », remarque Nathalie Varelet, animatrice du centre de loisirs Jules Ferry.
Mais surtout, « ces jeunes ont été sensibilisés au sens de l’image. C’est important car on peut faire dire ce qu’on veut aux photos », explique Claire Chene, directrice de l’association Graine de citoyens. Ils se sont donc rendus au centre multimédia de la Claverie où ils ont retouchés des photos à volonté. Ils ont également participé à une séance de sensibilisation sur leurs droits, notamment celui à l’information. « Il faut que les enfants aussi puissent se demander ce qu’on a cherché à leur montrer, qu’ils soient critiques par rapport à l’information, pour se faire leur propre opinion », explique Françoise Paulus, vice-présidente de l’Unicef Pays-de-la-Loire. En outre, une rencontre avec Alain Lebouc, directeur du Scoop, a aussi été aménagée, il leur a parlé du journalisme.
Aujourd’hui, un jury spécial récompensera les meilleurs reportages photos des enfants. Ces derniers offriront, pour leur part, le trophée en ardoise qu’ils ont eux-mêmes réalisé aux photographes exposés au Centre de Congrès, qui les auront marqués.
Nelly Dubois et Coralie Jaunet |

Rouge-gorge, poubelles, panoramas d’Angers, autant de clichés pris par les jeunes des centres de loisirs parmi lesquels Alain Lebouc, président du jury, a dû faire un choix.
|
|
Au Scoop, un reportage photos revisité par des lycéens
Les élèves de première MEI du lycée Chevrollier participent à leur façon au festival. Au programme : analyses et détournements de clichés.
« Nous vivons dans un monde où nous sommes beaucoup plus sollicités par l’image que par le texte » observe Jean-Pierre Jandot, médiateur scientifique du centre culturel Terre des Sciences, partenaire du Scoop. « Nous avons donc proposé quatre ateliers sur l’image à destination des jeunes pour les amener à prendre du recul sur ce visuel qui les envahit. C’est une éducation à la citoyenneté ».
Benoît Pavie, professeur d’art appliqué au lycée professionnel Chevrollier, a travaillé sur l’atelier d’arts plastiques avec ses élèves de première MEI (maintenance). La classe s’est penchée, durant deux séances de deux heures, sur une série de photographies signées par le photo reporter Jean-Manuel Simoes, « Five seconds », représentant supermarchés et publicités. Qui ont tout d’abord suscité le désarroi des élèves. Après un travail de décryptage des clichés, les lycéens ont « détourné » les photos en y introduisant des éléments inattendus, humoristiques ou provocateurs, découpés dans des magazines. « Même s’il est difficile de mesurer l’impact de cette action, les élèves ont vraiment joué le jeu et se sont investis. »
Point d’orgue de ce cours : la rencontre, ce lundi, entre l’auteur des photos et les élèves. Ils confronteront leurs travaux au regard du photographe. Mais l’aventure ne s’arrête pas là puisque : la classe de Benoît Pavie participera, en avril prochain, au festival des lycéens, deux jours d’échanges et de rencontres autour de projets sportifs ou artistiques, organisés par la région Pays de la Loire, avec un travail inspiré une nouvelle fois par les photos de… Jean-Manuel Simoes.
Cécile D. et Coralie J. |

Jérôme Guégan, lycéen, a infligé à une photo de boucherie de Jean-Manuel Simoes un traitement digne de celui des surréalistes.
|
|
Au Scoop, l’Erika ou « l’opacité totale »
12 décembre 1999, la nouvelle tombe. L’Erika s’échoue au large des côtes bretonnes. Willy Colin est l’un des premiers journalistes arrivés sur les lieux où il rencontre le cameraman Antoine Placier : « Nous nous sommes d’abord intéressés aux problèmes de santé des bénévoles ayant participé à la dépollution des plages. Nous avons alors constaté que le chargement ne contenait pas que du fioul numéro deux mais aussi des substances nocives pour l’homme et l’environnement » explique-t-il. Les deux reporters reprennent alors la route du pétrolier, de son départ de Dunkerque jusqu’à l’Italie, sa destination initiale, en passant par la Vendée. Et récoltent une multitude d’informations. Notamment auprès du PDG de Total à l’époque, Thierry Desmarest, « l’ennemi public numéro un » comme le nomme Colin. Néanmoins des zones d’ombre subsistent. Hormis le chargement de l’Erika, des dossiers disparaissent, empêchant la police de progresser. Et un personnage clé de l’affaire apparaît, « un mystérieux trader londonien qui aurait court-circuité la procédure habituelle ». Willy Colin confie aussi qu’il « n’est pas certain à 100 % de ce qu’il s’est passé » mais reste persuadé que la vérité finira par percer : « Certains salariés de la compagnie pétrolière vont partir à la retraite. Pris de remords, ils parleront ». En attendant, l’enquête qui implique « un fleuron de l’industrie française », ne s’est pas faite sans mal. « Jamais on avait assisté à une telle pression » rapporte Willy Colin qui, avec Antoine Placier entendent parler de ces difficultés, et plus généralement du travail d’investigation aux collégiens et au public. Ils se disent prêts à répondre à leurs interrogations et espèrent, ensemble, les sensibiliser aux problèmes de l’environnement car « on aura un nouvel Erika : des marées noires il y en aura tous les jours ».
Nelly Dubois et Marie-Charlotte Sapin |
Lundi à 14h au Centre de congrès, à l’occasion du projet jeune public, Willy Colin et Antoine Placier viendront présenter leur reportage et leur travail de journalistes d’investigation. |
|
Scoop : la parole est au public.
Au Scoop, les vedettes du festival ne sont pas toujours des journalistes… C’est ainsi que dix-sept reportages, sélectionnés parmi les tout meilleurs, vont momentanément prendre leur place. Un tri que l’on imagine difficile, quand on sait qu’une équipe de quatre professionnels a dû visionner pas moins de 75 heures de vidéo, pour n’en garder qu’un tiers. Parmi eux, Fabrice Gasdon, rédacteur en chef à Angers 7 : « Nous nous sommes constitués en deux binômes, chacun chargé de visionner la moitié des reportages. Nous avons sélectionné les travaux dont les sujets étaient les plus forts. Celui sur les femmes vitriolées au Pakistan en est un bon exemple. Mais nous avons aussi privilégié ceux dont le traitement nous paraissait spécialement original. Dans l’un d’eux, tourné en Corée du Nord, où les journalistes officiellement accrédités ne sont pas tolérés plus de trois jours, le reporter a dû se faire passer pour un acteur. »
Deux soirées « non-stop », ce soir et demain, proposent au public de venir visionner les documents les plus courts de cette sélection. Des reportages allant de quatre minutes à près d’une heure, aux sujets tantôt durs, tantôt légers, dont les titres parlent d’eux-mêmes : Les enfants sorciers de Kinshasa ; Jérusalem la guerre des tunnels ; Mauritanie, grossir à tout prix. Particularité de cet événement sur deux jours : les spectateurs seront invités à donner leur avis sur ces travaux journalistiques, et à voter pour le meilleur reportage, qui obtiendra le « prix PLANETE ».
Olivier Moizan |

Dans le reportage Bagdad : la guerre sans fin (Tac Presse), Corentin Fleury a pu filmer l’enfer de Bagdad en suivant un régiment Kurde durant un mois. Un témoignage d'une intensité rare. |
|
Jean-Louis Mathon, le cinéaste d’une autre Loire
Présenter la Loire aux Angevins, un pari ! Pour Jean-Louis Mathon, aventurier à la cinquantaine joyeuse et au regard rieur, le défi est un extraordinaire moteur pour la création. «Le challenge c’est de surprendre les gens chez eux ! Je les invite donc à une balade conviviale pour leur montrer une Loire qu’ils ne soupçonnent pas ! » Les terres ligériennes, le documentariste les connaît bien : celles de Touraine, « berceau de l’épicurisme de Rabelais », l’ont vu naître juste avant qu’il ne parte vivre avec sa famille outre-Atlantique, « dans les années 1950, au moment où le Canada était l’Eldorado pour beaucoup de Français ». Mais parce que « huit mois de neige par an, c’est difficile !», il a souhaité retrouver « la douceur angevine » de sa petite enfance et renouer avec ses racines au travers du « patrimoine formidable de la Loire ».
Du mont Gerbier-de-Jonc à l’estuaire de Saint-Nazaire, Jean-Louis Mathon arpente les détours contrastés d’un fleuve « d’abord impétueux et sauvage, qui, plus haut, s’apaise pour flirter avec la vallée des rois ». Les paysages changent au fil de l’eau mais aussi les populations et leurs traditions que seuls rattachent entre elles « une même fierté et un même amour pour leur fleuve ». Sur 1 020 kilomètres, la plus longue rivière de France que nous propose le cinéaste s’étend comme « le reflet de toute la diversité culturelle du pays».
Parce que son documentaire est avant tout « une histoire d’amour qui doit être partagée avec le public », Jean-Louis Mathon commentera son film, en direct, durant la projection, pour partager avec les spectateurs à « un voyage sensuel et gourmand ».
Cécile Jandau et Lucie Barbarin
« Loire, Le Grand Fleuve » sera diffusé pour la première fois à Angers, mardi 20 novembre (14 h 30, 17 h 30 et 20 h 30) au Centre de Congrès, par le collectif « Connaissance du monde », en partenariat avec le Scoop.
Autres projections au Théâtre Chanzy, mercredi 21 novembre (14h30 et 18h30) et au THV de Saint-Barthélémy, le jeudi 22 novembre (14 h 30 et 20 h 30). Tarifs : de 4,90 € à 8,50 €. |
Jean-Louis Mathon, l’œil rieur et le sourire franc, commentera, ce soir, en direct, son long métrage. |
|
Portrait
Maurice, fidèle parmi les fidèles
« 72 ans bien passés », comme il le dit avec le sourire, Maurice Langevin est un fidèle du festival : « je suis un spectateur assidu depuis le début. J’ai suivi chaque édition avec attention jusqu’en 1992. Depuis 1992, depuis que j’ai plus de temps, je donne un petit coup de main ». En fait de petit coup de main, Maurice, retraité d'une société de pétrole, met sous verre et encadre les photos des expositions. Il monte celles-ci chez lui, prépare l’ordre, donne une cohérence à l’ensemble. « Ca demande du temps et de la patience. Il faut tout millimétrer, il faut être propre. Parfois, je monte et je démonte trois fois un même cadre, à cause d’une poussière ».
Et quand ses encadrements sont fin prêts, Maurice Langevin redevient spectateur. « Je n’ai jamais loupé la présentation des documents en compétition. C’est important de tous les voir. Ca me permet de les primer dans ma tête ». Mais sa « participation » au Scoop ne s’arrête pas là. Curieux, il apprécie aussi les « débats sur ce qui se passe dans le monde. J’y apprends beaucoup…Maurice Langevin s’est promis de continuer à suivre le festival aussi longtemps qu’il le pourra : « Il y a 22 ans, je ne pensais pas qu’il aurait une telle longévité. Aujourd’hui, la presse se déplace toujours pour couvrir l’événement, et c’est important. Je reste donc fidèle ! J’aiderai peut-être un peu moins à la mise en place des expositions dans les années à venir, parce que je commence à avoir du mal à soulever certaines charges, mais je resterai un spectateur assidu ! ».
Emmanuelle Bobineau |
Maurice Langevin au festival ?
La mise sous verre de quelques cinquante photos. Un travail méticuleux et professionnel qui contribue grandement à la tenue des différentes expositions.
|
|
Portrait
Une nouvelle au Scoop !
Karine Houdu, petite blonde souriante et volontaire, a rejoint cette année « pour la première fois », l’équipe des bénévoles du Scoop. Un hasard ? Pas vraiment. Car pour cette jeune Rennaise de 21 ans, installée à Angers, il s’agit plutôt d’une étape qu’elle « espère marquante » dans ses études de Communication – un BTS via le CNED – et d’une occasion rêvée de faire son stage obligatoire dans des conditions vraiment enrichissantes. « J’ai envoyé une lettre de motivation et Sylvie Hieronimus, une des délégués du festival, m’a contactée, j’ai eu de la chance ! ». Son idée, elle l’a puisée dans ses souvenirs, d’il y a trois ans, lorsqu’elle a découvert le festival angevin : « Un concept qui m’a tout de suite plu ». Et une expérience dont l’originalité l’a rapidement convaincue : « Le Scoop ose aborder chaque année des thèmes importants que les médias ne traitent pas forcément : ce qui se passe en Tchétchénie par exemple ».
Aujourd’hui, Karine jongle entre crochets et panneaux, ruban adhésif et paire de ciseaux pour participer à l’accrochage des 36 expositions. Entourée « des habitués », déjà rodés à une organisation toute entière fondée sur le bénévolat, la jeune stagiaire trouve ses marques dans le grand hall du Centre des Congrès et s’attend à quinze jours de course de fond : installation des cadres photo, accueil des visiteurs et des intervenants,… Visage discret de l’événement, elle sait qu’elle devra, en coulisses, être disponible et polyvalente mais s’en réjouit à l’avance: « Je vais être la nounou des jurys. Dès qu’un des membres aura besoin de quelque chose, je serai là.»
Lucie Barbarin |
Karine peaufine l’accrochage d’une des 36 expositions. |
|
| J-3 – Les expos déjà prêtes
9 h, samedi 10 novembre. Ni les clients du marché, déjà nombreux, ni les commerçants derrière leurs étals ne leur prêtent attention. Les trente-sept bénévoles du Scoop se dégagent peu à peu de l’agitation de la place Mendès-France et pénètrent tour à tour dans le Centre des Congrès assoupi à cette heure matinale.
La plupart d’entre eux se connaissent déjà. Les anciens, toutefois, ne manquent pas d’accueillir les nouveaux autour d’un café et tous se saluent chaleureusement. L’équipe d’Alain Lebouc – une famille qui s’agrandit chaque année ! – est là, au grand complet. Avec une mission : accrocher en un week-end les trente-six expositions qui forment la toile de fond du festival soit quelque 900 photos. La course contre la montre est lancée.
De 17 à 72 ans, les « trente-sept » s’attèlent à leur tâche : installation des panneaux, déballage des cadres et répartition des œuvres selon les thèmes d’exposition. ( Le Centre des Congrès en accueille treize à lui seul.) Dès 10h, les premières photographies trouvent leur emplacement définitif. Peu à peu, le hall d’accueil prend des couleurs.
Comme le précise Alain Lebouc, « cette année, les bénévoles sont plus nombreux, nous allons sans doute terminer plus tôt que d’habitude : l’an passé, nous avions fini tard dans la soirée… » Dimanche 11 novembre, 13h, à trois jours de l’inauguration du Scoop, l’équipe peut déjà admirer en exclusivité le résultat de son travail, et prendre, à leur tour, le temps de « voir le scoop .»
Manon Bertrand et Cécile Dubois. |
Trois jours avant l’inauguration officielle, ce soir, l’équipe d’Alain Lebouc travaille…dans la sérénité. |
|
Au Scoop, des solutions au cancer !
Romain, 20 ans, fumait du shit. Il en est sûrement mort. En tout cas, lors de son enterrement, ses amis avaient une cigarette dans la main sur le parvis de l’église. Aurait-il pu éviter son cancer de l’œsophage ? On ne le saura jamais. Mais ce qui est certain, c’est qu’ « il y a des choses toutes simples que l’on peut faire pour réduire les risques d’avoir un cancer », annonce d’emblée le professeur Erick Gamelin, directeur du Centre régional de lutte contre le cancer, qui participera à 18 h 30 au débat du Scoop, à Angers*. « La prévention passe d’abord par soi-même ajoute-t-il. On doit lutter contre ses mauvaises habitudes, c’est difficile, mais il faut le faire. » La prévention ? Le maître-mot ! Car les cancers, chez les adultes de moins de 40 ans, augmentent de façon significative, non seulement à cause du tabac et des joints mais aussi, notamment, pour des raisons environnementales. Ainsi, pour Erick Gamelin, les pesticides sont également en cause : « On voit apparaître beaucoup de cancers du cerveau chez les enfants d’agriculteurs ». Pollution, exposition au soleil, alimentation, tabagisme sont d’autres facteurs encore qui favorisent l’apparition de ce fléau.
Face à ce constat alarmant, la prévention est insuffisante aux yeux de certains praticiens voire mise en cause. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais ne sont pas ressentis au quotidien dans les cabinets médicaux. Les médecins généralistes, en particulier, ne sont pas préparés à sensibiliser leurs jeunes patients », analyse par exemple le docteur Pascal Gendry de Renazé, qui sera lui aussi présent ce soir pour témoigner. « Le cancer peine à frapper l’esprit des jeunes, poursuit-il. Contrairement à une bronchite ou une pneumonie, la contraction de la maladie est indirecte et évolutive. »
« C’est à chacun d’agir, reprend Erick Gamelin, et c’est maintenant qu’il faut le faire, après il sera trop tard ! »
Yann Desnoue et Cécile Jandau
* Jeunes adultes, environnement et cancer : peut-on agir ? Débat animé par Marie-Odile Monchicourt, chroniqueuse scientifique sur France Info, au Centre des Congrès, à 18 h 30.
|
Le docteur Sophie Albadie-Lacourtoisie, oncologue médical au centre Paul Papin, travaille avec le professeur Erick Gamelin, principalement dans le domaine de la prévention des cancers des jeunes.
|
|
Festival du scoop : Vauban, un écolo avant l’heure
Le Festival du Scoop se penche ce soir sur l’héritage de Vauban, dont le tricentenaire de la mort est fêté cette année. Le célèbre architecte militaire était-il « aux avant-postes de l’environnement », comme le suggère l’intitulé du débat ? Eléments de réponse avec Alain Monferrand, président de l’association Vauban.
Vauban a-t-il sa place dans un festival dédié au journalisme ?
Je crois que oui, car c’est avant tout un homme qui observe, et qui témoigne. Il a notamment passé un an de sa vie à inspecter le Canal du Midi, constatant au passage les exactions perpétrées contre les Protestants. Les condamnant vivement, il a fait preuve d’une liberté de conscience qui, vu l’époque, mérite d’être soulignée.
Mais que vient-il faire dans cette quinzaine consacrée à l’environnement ?
Il serait évidemment absurde de dire que Vauban était un apôtre du développement durable. Ses préoccupations liées à l’environnement avaient en effet bien peu de choses à voir avec celles des architectes d’aujourd’hui. Cela dit, comme les environnementalistes du 21ème siècle, il s’attachait toujours à élaborer ses travaux de manière globale, et voyait à long terme. Vauban pensait développement. Il partait toujours de la situation économique, avant de chercher des moyens pour améliorer le sort des populations. Selon lui, la bonne santé économique était garante de la paix. Le souci de l’intérêt général ne le quittait jamais.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples illustrant l’aspect novateur de ses projets ?
Dans le domaine du transport fluvial, l’homme avait 150 ans d’avance sur ses contemporains. Il avait dessiné les plans de futures canalisations, dont beaucoup ne furent d’ailleurs réalisées que 200 ans plus tard par Freyssinet. Il a aussi posé les bases de ce qui allait devenir l’Office national des forêts (ONF). Constatant que les besoins en bois allaient croissant, Vauban en concluait que l’Etat devait se préoccuper de la gestion des forêts.
Coralie Jaunet et Olivier Moizan |
Alain Montferrand directeur de l’observatoire national du tourisme (ODIT), préside l’association Vauban, créée en 1881. |
|
Quand l’architecture Militaire se met au vert !
La conférence sur Vauban qui se tient ce soir au centre des congrès pour le Scoop, accueillera comme intervenant le Général Mouly, en tant que spécialiste de l’architecture militaire.
A première vue, le rapport entre militaire et écologie est assez vague. Lorsque l’on évoque la Défense, on pense aux conflits en oubliant parfois tous ceux sur le terrain qui reconstruisent routes, écoles et hôpitaux. C’est à partir de cela que s’inscrit la logique écologique des architectes militaires, tel que le général Mouly, ingénieur en Bâtiment Travaux Publique (BTP). Maintenant l’armée se préoccupe du traitement de l’eau, du rapatriement des déchets et de la nutrition des populations, via un contrôle très strict de la part des autorités. « L’état attend des officiers qu’ils respectent d’avantage l’environnement par rapport aux entreprises privées » nous confie cet ancien de Saint-Cire. « Mais elle a du temps, et cela reste un privilège ».
L’écologie doit être prise dans sa globalité, s’attachant à accorder les nouveaux projets dans leur environnement. « Il faut respecter le climat, le vécu et l’espace d’un bâtiment sur le long terme». C’est ainsi que le Général Mouly a appliqué ce concept avec la création de la gendarmerie du fort des justices, à Besançon. Pour cela, il a souhaité allier respect de l’environnement et du patrimoine avec modernité. Sa solution ? Une construction qui ne consomme rien. Elle existe déjà et s’appuie sur une meilleure orientation, une meilleure isolation et de nouveaux matériaux à consommation quasi nulle. Construire « écolo » coûte 15% plus cher, mais avec un amortissement certain sur les cinq premières années. « L’économie en énergie, c’est l’architecture de demain ».
Martin Jarry, Marie-Charlotte Sapin |
Le général Mouly, spécialiste de l’architecture militaire, participera au débat : Vauban, aux avant-postes de l’environnement.
|
|
Un Scoop à l’ESAG
Vauban et l’environnement, à priori aucun rapport… Pourtant c’est le thème proposé ce soir à l’Ecole Supérieur d’Application du Génie (ESAG), dans le cadre du Scoop d’Angers. Pour le Commandant Plantec, Officier Communication de l’école, « Vauban est un point de départ pour le débat »
Déjà partenaire du Festival d’Anjou et des Accroches Cœurs, le Génie s’associe pour la cinquième année consécutive au Festival du journalisme d’Angers. Mais que vient faire l’Ecole militaire du Génie au beau milieu du Scoop ?
Pour ces militaires que nous croisons chaque jour dans les rues d’Angers, à la sortie des écoles ou à la boulangerie, « c’est un moyen de prendre part à la vie culturelle de la ville et de se souvenir », comme le souligne le Commandant Plantec, qu’ « au-delà de leur métier, les militaires de l’école sont aussi des citoyens comme tout un chacun ». Participer au festival c’est plus de 6 mois de travail mais surtout « un grand plaisir car les relations de travail sont devenues amicales », précise-t-il.
Une participation cependant remise en question chaque année selon le thème choisi par le président du festival, Alain Lebouc. « Il reste essentiel que notre présence soit crédible et pertinente », ajoute l’officier. Mais alors, nous direz-vous encore une fois : et l’armée dans tout ça ? Quel est le lien entre l’environnement et l’Ecole Supérieure d’Application du Génie? Vauban bien sûr !
Manon Bertrand et Jérémy Bonnefoussie |
Vendredi soir, à l’école du génie à Angers aura lieu la conférence « Vauban au avant poste de l’environnement », animé par Frédéric Courant ( « C’est pas sorcier », France 3).
|
|